Comment dit-on empathie en arabe ?

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Comment dit-on empathie en arabe ?

En arabe, le mot « تَعَاطُفٌ » (taʿāṭuf) peut être utilisé pour dire empathie. Il désigne la capacité à comprendre ce qu’une autre personne ressent et à se mettre à sa place.

Selon le contexte, ce mot de vocabulaire peut cependant se rapprocher de la sympathie, de la compassion ou du fait de partager les émotions d’autrui.

L’arabe possède donc plusieurs mots et expressions pour parler de l’empathie, avec des nuances qui ne correspondent pas toujours exactement à celles du français. C’est justement ce qui rend leur distinction intéressante.

Les différentes nuances de l’empathie en arabe

L’arabe permet de préciser plusieurs formes d’empathie selon que l’on parle du fait de comprendre une personne, de ressentir ses émotions ou simplement de saisir son point de vue.

L’empathie au sens général

Le mot « تَعَاطُفٌ » (taatuf) est le terme le plus courant pour parler d’empathie.

Son sens est assez large puisqu’il peut également se rapprocher de la sympathie ou de la compassion selon la situation.

Exemple : « أَظْهَرَ تَعَاطُفًا مَعَ صَدِيقِهِ. » (Il a fait preuve d’empathie envers son ami.)

L’empathie émotionnelle

L’expression « تَعَاطُفٌ وِجْدَانِيٌّ » (taatuf wijdani) désigne l’empathie émotionnelle ou affective.

Cette forme d’empathie correspond au fait de ressentir ou de partager émotionnellement ce que vit une autre personne.

Exemple : « يَشْعُرُ بِتَعَاطُفٍ وِجْدَانِيٍّ مَعَ الْآخَرِينَ. » (Il ressent une empathie émotionnelle envers les autres.)

L’empathie cognitive

L’expression « تَعَاطُفٌ مَعْرِفِيٌّ » (taatuf maarifi) correspond à l’empathie cognitive.

Elle consiste davantage à comprendre les émotions, les pensées ou le point de vue d’une personne, sans nécessairement ressentir la même émotion qu’elle.

Exemple : « يُسَاعِدُهُ التَّعَاطُفُ الْمَعْرِفِيُّ عَلَى فَهْمِ وِجْهَةِ نَظَرِ الْآخَرِينَ. » (L’empathie cognitive l’aide à comprendre le point de vue des autres.)

La différence se trouve donc principalement dans la manière d’entrer en relation avec ce que vit l’autre : « تَعَاطُفٌ » (taatuf) reste général, « تَعَاطُفٌ وِجْدَانِيٌّ » (taatuf wijdani) concerne davantage le ressenti, tandis que « تَعَاطُفٌ مَعْرِفِيٌّ » (taatuf maarifi) met l’accent sur la compréhension.

Voici un récapitulatif :

ArabePhonétiqueTraduction
تَعَاطُفٌtaatufempathie, sympathie, compassion selon le contexte
تَعَاطُفٌ وِجْدَانِيٌّtaatuf wijdaniempathie émotionnelle, empathie affective
تَعَاطُفٌ مَعْرِفِيٌّtaatuf maarifiempathie cognitive

Comment dit-on empathie en arabe dialectal (darija) ?

Dans les dialectes du Maghreb, le mot « تَعَاطُف » (taatuf) reste compris pour parler d’empathie, de sympathie ou de compassion.

Dans une conversation quotidienne, on exprime cependant souvent l’empathie avec des verbes et des phrases plutôt qu’avec ce nom.

Comprendre ce que ressent quelqu’un

Au Maroc, on peut dire « كَنْحَسّ بِيهْ » (kanhess bih), c’est-à-dire je ressens ce qu’il vit ou je compatis avec lui.

En Algérie et en Tunisie, on retrouve des constructions proches avec « نْحَسّ بِيهْ » (nhess bih), utilisées pour dire que l’on ressent ou comprend la peine, la difficulté ou l’émotion d’une autre personne.

Se mettre à la place de l’autre

Pour exprimer l’empathie de manière plus précise, les dialectes maghrébins utilisent aussi des phrases construites autour de l’idée de se mettre à la place de quelqu’un.

On peut ainsi dire qu’une personne « se met à sa place » pour montrer qu’elle essaie de comprendre ce que l’autre ressent, même si elle ne vit pas elle-même la même situation.

En darija, « تَعَاطُف » (taatuf) permet donc de nommer directement l’empathie, mais des expressions comme « كَنْحَسّ بِيهْ » (kanhess bih) ou « نْحَسّ بِيهْ » (nhess bih) sont souvent plus naturelles lorsqu’on veut montrer concrètement que l’on comprend ou partage ce que ressent quelqu’un.

Dialogue : Abi parle de l’empathie

Anas pose des questions sur les personnes sans abri, comment faut-il se comporter ?

Anas

يَا أَبِي، رَأَيْتُ الْيَوْمَ رَجُلًا يَنَامُ فِي الشَّارِعِ. لِمَاذَا لَيْسَ لَهُ بَيْتٌ؟

Papa, aujourd’hui j’ai vu un homme qui dormait dans la rue. Pourquoi est-ce qu’il n’a pas de maison ?

Abi

لَا نَعْرِفُ قِصَّتَهُ يَا أَنَسُ. قَدْ يَمُرُّ الْإِنْسَانُ بِظُرُوفٍ صَعْبَةٍ تَجْعَلُهُ يَفْقِدُ بَيْتَهُ.

Nous ne connaissons pas son histoire, Anas. Une personne peut traverser des difficultés qui lui font perdre son logement.

Anas

وَكَيْفَ يَجِبُ أَنْ نَتَصَرَّفَ مَعَهُ؟

Et comment doit-on se comporter avec lui ?

Abi

نُعَامِلُهُ بِاحْتِرَامٍ مِثْلَ أَيِّ شَخْصٍ آخَرَ. لَا نَسْخَرُ مِنْهُ، وَلَا نَنْظُرُ إِلَيْهِ بِاحْتِقَارٍ.

On le traite avec respect, comme n’importe quelle autre personne. On ne se moque pas de lui et on ne le regarde pas avec mépris.

Anas

هَلْ هَذَا هُوَ التَّعَاطُفُ؟

C’est ça, l’empathie ?

Abi

هَذَا جُزْءٌ مِنْهُ. التَّعَاطُفُ هُوَ أَنْ نُحَاوِلَ أَنْ نَفْهَمَ مَا يَشْعُرُ بِهِ الْآخَرُ، وَأَنْ نَضَعَ أَنْفُسَنَا مَكَانَهُ.

C’en est une partie. L’empathie, c’est essayer de comprendre ce que l’autre ressent et de se mettre à sa place.

Anas

إِذًا أَتَخَيَّلُ كَيْفَ سَأَشْعُرُ لَوْ كُنْتُ مَكَانَهُ؟

Donc j’imagine ce que je ressentirais si j’étais à sa place ?

Abi

نَعَمْ. قَدْ يَشْعُرُ بِالْبَرْدِ أَوِ الْجُوعِ أَوِ الْوَحْدَةِ، وَقَدْ يَحْتَاجُ إِلَى كَثِيرٍ مِنَ الصَّبْرِ لِتَجَاوُزِ هَذِهِ الْمِحْنَةِ، وَلَكِنْ لَا يَجِبُ أَنْ نَفْتَرِضَ أَنَّنَا نَعْرِفُ كُلَّ مَا يَشْعُرُ بِهِ.

Oui. Il peut avoir froid, faim ou se sentir seul, et avoir besoin de beaucoup de patience pour traverser cette épreuve. Mais il ne faut pas croire que nous savons exactement tout ce qu’il ressent.

Anas

وَهَلْ يُمْكِنُنَا أَنْ نُسَاعِدَهُ؟

Et est-ce qu’on peut l’aider ?

Abi

طَبْعًا. يُمْكِنُنَا أَنْ نُسَلِّمَ عَلَيْهِ، أَوْ نُقَدِّمَ لَهُ طَعَامًا أَوْ مَاءً، أَوْ نُسَاعِدَ جَمْعِيَّةً تَهْتَمُّ بِالْمُحْتَاجِينَ. وَرُبَّمَا تُسَاعِدُهُ هَذِهِ الْأَفْعَالُ عَلَى أَنْ يَسْتَعِيدَ الْأَمَلَ.

Bien sûr. On peut le saluer, lui proposer de la nourriture ou de l’eau, ou aider une association qui accompagne les personnes dans le besoin. Ces gestes peuvent aussi l’aider à retrouver de l’espoir.

Anas

فَهِمْتُ. التَّعَاطُفُ لَيْسَ فَقَطْ أَنْ نَشْعُرَ بِالْحُزْنِ مِنْ أَجْلِ شَخْصٍ.

J’ai compris. L’empathie, ce n’est pas seulement être triste pour quelqu’un.

Abi

أَحْسَنْتَ. الْأَهَمُّ هُوَ أَنْ نَفْهَمَ الْآخَرَ، وَنَحْتَرِمَهُ، وَنُسَاعِدَهُ إِذَا اسْتَطَعْنَا.

Exactement. Le plus important est de comprendre l’autre, de le respecter et de l’aider lorsque nous le pouvons.

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