Quand on parle de chiffre zéro en arabe, on peut vouloir désigner :
- la forme utilisée en Occident, notamment en France : 0 ;
- la forme arabo-indienne utilisée dans plusieurs pays arabophones : ٠.
Attention : en français, on appelle souvent 0, 1, 2, 3 des “chiffres arabes”, car ils viennent historiquement du système indo-arabe. Mais dans un contexte d’apprentissage de l’arabe, on peut aussi rencontrer les formes ٠، ١، ٢، ٣. C’est pour cela qu’il est utile de connaître les deux écritures.
À quoi sert le chiffre zéro ?
Le zéro sert d’abord à dire qu’il n’y a rien : zéro pomme, zéro faute, zéro point. En arabe, il se dit صِفْر et s’écrit ٠. Il sert aussi à construire les nombres.
Par exemple, sans zéro, on ne pourrait pas bien distinguer 1, 10, 100 ou 1000 : le zéro garde une place vide et permet de changer de rang : unités, dizaines, centaines, milliers.
C’est également souvent le début d’apprentissage des chiffres de l’enfant quand il commence à apprendre à compter de 0 à 10, voire plus.
Enfin, sachez que si vous devez parler arabe dans un pays arabophone, le chiffre zéro peut aussi vous être utile pour les échanges monétaires ou pour dénombrer des quantités.
À savoir : pour lire l’heure à l’oral, le zéro n’est généralement pas prononcé comme un chiffre séparé, même s’il peut apparaître visuellement dans une heure écrite, par exemple 10:05.
L’histoire du chiffre zéro occidental
À l’origine, le zéro occidental vient du système de numération indien, où il servait à représenter le vide et à marquer une place vide dans les nombres.
Cette idée du zéro s’est ensuite propagée dans le monde arabo-musulman, notamment grâce aux savants et mathématiciens qui ont étudié, traduit et développé les méthodes de calcul indiennes. Le mot arabe صِفْر (ṣifr) signifie justement “zéro” ou “vide”.
Avec l’expansion du monde arabe, les échanges scientifiques, commerciaux et culturels ont permis à ce système de circuler jusqu’au Maghreb et à l’Andalousie musulmane.
Le zéro arrive progressivement en Europe par plusieurs chemins : les contacts avec l’Espagne musulmane, les traductions de textes arabes en latin, le commerce méditerranéen et les échanges avec l’Afrique du Nord.
Sa diffusion en Europe s’accélère surtout au XIIIe siècle grâce à Fibonacci, qui découvre les méthodes de calcul arabo-indiennes en Afrique du Nord et les présente dans son ouvrage Liber abaci, publié en 1202.
Petit à petit, le zéro et les chiffres indo-arabes remplacent les chiffres romains, car ils permettent d’écrire et de calculer beaucoup plus facilement des nombres comme 10, 100, 1000 ou 2026.
L’importance de la maîtrise du chiffre zéro pour les musulmans
Si tu es musulman, tu as sans doute déjà remarqué qu’en ouvrant un muṣḥaf, les numéros de pages, de sourates et de versets peuvent être indiqués avec les chiffres indo-arabes, comme ٠، ١، ٢، ٣.
Connaître le chiffre zéro ٠ permet donc de mieux se repérer dans le Coran, notamment lorsqu’on cherche une sourate, un verset précis ou une page dans une édition imprimée en arabe.
Cette maîtrise est aussi utile dans les lectures religieuses en arabe, comme les livres de tafsīr, de hadith, de fiqh ou les recueils d’invocations.
Les références, les numéros de chapitres, les tomes, les volumes, les pages et les renvois peuvent utiliser cette numérotation.
Même si le zéro semble être un simple petit symbole, il devient vite indispensable pour suivre une référence correctement et ne pas se perdre dans ses lectures islamiques.
Quoi faire ensuite ?
Maintenant que vous maîtrisez le savoir global sur le chiffre zéro, vous pouvez commencez à apprendre à compter en arabe en plusieurs étapes :
- En apprenant les chiffres de 0 à 10
- Puis en continuant vers ceux jusqu’à 20
- Enfin, à partir de 7 ans aller jusqu’à 100